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Retour sur POLAAR #32 avec DJ Marfox au Batofar

Une semaine après, retour sur une nouvelle soirée POLAAR éblouissante.

polaar32
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 19 novembre 2016 | 16:10

Après une édition grime autour de Scratcha DVA qui avait tenu toutes ses promesses fin septembre, et après avoir invité en terres lyonnaises l’immense DJ Earl, POLAAR faisait ce vendredi 11 novembre son retour à Paris, investissant une nouvelle fois le Batofar en y conviant le génial DJ Marfox. Tête de file d’une scène lisboète en pleine effervescence, notamment autour de son propre label Príncipe Discos, le Portugais se trouvait pour l’occasion accompagné par un plateau de choix, avec Kmi et Trimaps du collectif Get Tropical en guise d’ouverture, et un joli b2b entre Flore et Youthman pour clore la soirée comme il se doit.

Une semaine après la soirée Direct Bass Transit de leur crew Croustibass, ce sont donc Kmi et Trimaps qui nous accueillent sur le bateau sur des sonorités dubstep deep et sombres, aux contours tranchants. Et puis, insensiblement, les rythmes s’emballent peu à peu, se font plus marqués ; de manière limpide, le côté Get Tropical des deux DJs reprend le devant, portant le mix dans des eaux oscillant entre dancehall, moombahton et autres musiques chaloupées et minimalistes. Le plaisir de mixer que l’on perçoit derrière les platines se transmet sans problème auprès d’une audience se composant progressivement, mais qui rentre rapidement dans ce son dominé par des percussions imparables et des leads décidément entêtants. De quoi mettre le public de cette nouvelle POLAAR en jambes pour l’assaut à venir : la définition d’un warm-up réussi, donc.

Aux alentours de 2h, DJ Marfox prend position sur la scène du Batofar. Si le tempo augmente immédiatement, Marfox sait pourtant laisser patienter une audience réceptive – et que l’on peut saluer pour une atmosphère impeccable d’un bout à l’autre de la soirée –. Les premières minutes du set se démarquent par leur noirceur, voire par un aspect planant étrangement instillé par des percussions déjà frénétiques. Au bout d’une quinzaine de minutes, les choses s’emballent subitement pour ne plus redescendre : ces percussions presque aériennes jusqu’alors se font incisives, entamant une marche forcée qui transforme chaque corps en simple caisse de résonance. Il devient complexe de tirer un sens de ce déchaînement sans fin, de ces rythmes incessants au sein desquels émergent parfois des fragments reconnaissables, qu’il s’agisse de la flûte maladive de « 2685 » ou des synthés abrasifs de « Take Off ». Sans comprendre, on se laisse transpercer par ce martèlement sans répit, incapable de résister à cette machine qui semble sans cesse accélérer. De fait, DJ Marfox ne laissera que rarement redescendre l’intensité, à l’occasion de passages plus psychédéliques, salutaires repos précédant de nouvelles vagues d’emportement rythmique. A la fin de son set, impossible, alors que DJ Marfox s’éloigne du DJ booth, de se départir de cette impression d’avoir vécu une expérience unique, et – en ce qui nous concerne – l’un des sets de l’année.

De la même manière qu’en septembre, prendre la relève après un mix d’un tel niveau apparaît comme une tâche difficile. De la même manière qu’en septembre, Flore s’en tire avec les honneurs, accompagnée pour l’occasion par son complice Youthman du collectif Central Massive. Parfaitement dans leur élément, le duo s’attache pendant une heure et quinze minutes à asséner un défilé d’enchaînements impeccables, sans aucune contrainte de style, passant aisément du UK Funky au breakbeat, de la techno au UK Garage ou au grime. Les temps forts se succèdent, chaque titre posant une nouvelle pierre et laissant sans manquer une lancinante question nous brûler les lèvres : « ID » ? Alors que s’entremêlent les remixes de Nightcrawlers ou de Nas, c’est toujours le même enthousiasme que l’on retrouve devant ou derrière les platines : l’ambiance qui a traversé toute la soirée n’est toujours pas tout à fait estompée alors que l’on quitte le Batofar au terme d’un b2b réussi. Quels que soient les invités et les styles développés, les soirées POLAAR passent et suscitent systématiquement le même constat : vivement la prochaine.

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