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Sepia – Last Chance Saloon

Sepia nous gratifie d’un EP de grande qualité aux ambiances différentes, avec des pistes toujours aussi plaisantes à écouter.

Sepia Last Chance Saloon

8.0

10

Par Emilien Dilly
Publié le 22 octobre 2018 | 11:01

Comment parler de la nouvelle scène dubstep sans mentionner Sepia ? Nouvelle, car ses productions ne commencent à sortir qu’en 2012. En 2017, sa collaboration avec Samba pour System Music en 2017 le place définitivement dans le haut du panier, au moment où il multiplie les sorties, particulièrement sur Deep Dark And Dangerous, le label opéré par Truth. Depuis, ses talents ne cessent d’impressionner. On évoquera ici son dernier EP Last Chance Saloon, nouveau quatre-pistes paru chez Wheel & Deal il y a quelques semaines. Cet EP s’écoutera facilement tard le soir pour bien finir la journée.

La musique de Sepia est unique par ses sonorités. Dans la lignée de ses EP précédents, Sepia nous régale encore de ses timbres innovants. Il nous résume très bien ses capacités, en présentant des morceaux de qualité aux identités assez différentes.

L’EP démarre avec « Last Chance Saloon » : un thème planant apparaît dès l’introduction, avant l’entrée en scène d’un kick sec et de claps caractéristiques de l’artiste. La mélodie, avec des crescendo/decrescendo, provoque une sensation de rebondissement qui nous relance toutes les deux mesures, favorisée par une basse discrète et agréable, et par un wobble revenant épisodiquement. Afin de renforcer le rythme du morceau, Sepia coupe brutalement le thème : ces ruptures, cette alternance avec le silence donnent un bon volume au pont, amenant avec facilité un second drop qui complexifie la structure initiale.

« Kira » démarre sur un kick en premier temps et une snare très écrasée, qui donnent le la d’une track moins calme. Une mélodie sur trois notes d’une flûte en vibrato apparaît, faisant monter la pression. Un synthé criant vient répondre à la flûte lors du drop, tandis que la basse se positionne à l’unisson avec le thème principal. L’ambiance est lourde et morose. La progression se fait dans l’intensité, même si l’on regrette des variations un peu trop simplistes, un second drop trop proche du premier. Si l’ensemble est moins plaisant que le morceau « Last Chance Saloon », ce deuxième titre propose néanmoins quelque chose de différent, du point de vue de l’ambiance et des textures.

« Embalment » est la pièce centrale de l’EP, en collaboration avec Koma. Le thème introductif est vite agrémenté d’accords cristallins, arpégés et soufflés, avant l’arrivée d’un shaker en triolets qui nous laisse prêts à planer. Une ligne de basse fait son entrée, réussie, avec une intensité et une texture mesurée. Notons surtout les variations d’intensité de la basse, qui ne se fait entendre que par moments, sans envahir le morceau. S’ensuit une progression des percussions, de la basse, des roulements de kick, autour d’une mélodie de plus en plus chargée. Après un passage plus sobre, ce crescendo reprend en milieu de piste. Le dernier passage épuré est donc le bienvenu : il relâche la pression installée par ce long crescendo global, et clôt une piste qui se laisse très bien écouter, plus proche des productions habituelles de Sepia.

« Frequency » est la dernière track de l’EP. Comment mettre tout le monde d’accord ? Finir sur des bongos syncopés et une ligne de basse en wobble. Nous entrons dans la piste avec un synthé mystérieux, plutôt froid, des cymbales très aiguës, un shaker avec un jeu d’intensité en syncope. Les années DMZ sont de retour. On retrouve, comme dans « Last Chance Saloon », cette alternance de claps, avec ou sans reverb. La basse et ses variations se contentent tout au long du titre du minimum, avec efficacité. La vibe de cette piste est bonne ; néanmoins, le morceau reste assez pauvre dans sa construction. Il nous propose tout de même l’alliance des sons novateurs de Sepia avec les sonorités d’un dubstep plus classique : si c’était le but, c’est réussi.

Dans ces quatre morceaux, on retrouve les sonorités typiques de Sepia, sèches et subtiles, ses mélodies planantes. La quantité de travail requise saute aux yeux : certains éléments sonores n’ont qu’une itération et restent uniques en leur genre. Contrairement aux tendances actuelles, les basses n’envahissent pas les morceaux, restant discrètes en sachant se faire entendre au bon moment. C’est très agréable. Sepia nous propose des ambiances réellement différentes avec cette sortie : c’est, en tant qu’EP, sa plus grande qualité. Si l’ensemble de l’EP est réussi, les morceaux « Last Chance Saloon » et « Embalment », plus évolués, aussi planants qu’entraînants par leur structure, ont un attrait particulier, se rapprochant d’autres productions de l’artiste : pensons à son Instinct sorti sur Infernal Sound un peu plus tôt dans l’année. Comme dans le cas de ce dernier, Last Chance Saloon assure une nouvelle fois une place de premier plan à Sepia dans la scène bass.

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