Partager

0
0
A+ A-

Sinistarr – Naine Rouge

Croisant ghetto tek, footwork et jungle, le dernier EP du rejeton de Detroit sur Exit est tout à fait remarquable.

14529935

8.0

10

Par Thibaud Marty
Publié le 20 octobre 2016 | 6:07

D’abord adoubé par le milieu drum & bass avec des sorties sur d’illustres labels comme Metalheadz, Hospital Records ou encore Renegade Hardware, le natif de Detroit Sinistarr élargit sans cesse son répertoire depuis ses débuts. Ces dernières années, les plus attentifs l’ont entendu développer un registre jungle/footwork, avec des sorties chez Loose Squares ou None60.

Un cheminement qui n’est pas sans rappeler celui d’Exit Records : sous la direction de dBridge, véritable patriarche du mouvement drum & bass  depuis environ vingt ans, le label londonien privilégie depuis quelques temps une club music hybride, où les influences américaines et caribéennes s’acoquinent avec les BPM élevés de la jungle britannique. C’est ainsi qu’émerge de ce label une remuante mixture jungle/footwork, dont les précédents EP de Fracture, Stray, Fixate, Alix Perez où encore Zed Bias sont quelques exemples. Quoi de plus logique donc que de retrouver aujourd’hui Sinistarr sur Exit Records avec Naine Rouge, un EP de cinq titres à mi-chemin entre la ghetto tech de ses vénérables confrères chicagoans et l’avant-garde bass/jungle britannique incarnée entre autres par Addison Groove, Sam Binga ou encore Om Unit.

Mais comme pour beaucoup d’autres producteurs issus de Detroit, difficile pour Sinistarr de ne pas laisser transparaître le riche héritage musical de son bercail. Sans complexe, il lui fait honneur en invitant sur son EP deux pointures de la mythologie électronique locale. D’une part, DJ Stingray : le DJ attitré de Drexciya apparaît sur le rétro-futuriste « Untitled », qui donne le ton de l’EP avec une ghetto tech intense et acide emmenée par une basse hyperactive. Autre vétéran de la Motor City, Detroit’s Filthiest aka DJ Nasty est quand à lui présent sur le bien nommé «Shake », un morceau pétulant qui exhorte au mouvement dans une frénétique apologie du tremblement de terre en milieu club. Une collaboration terriblement jouissive et efficace.

Sinistarr continue en solo pour trois autres titres très réussis, notamment « I Pop, I Jit », morceau savoureusement old-school lors duquel un breakbeat chaloupé flirte avec un vocal maltraité selon les préceptes de la plus pure tradition ghetto tech, non sans une pointe de douceur lorsque le rythme bifurque vers un two-step drum & bass saupoudré de soul. Un peu plus minimaliste, l’épais « Nonlinear Threat » met en avant une basse magnétique bien grasse et une boite à rythme tranchante, autour de laquelle virevoltent des exclamations vocales et synthétiques. On retrouve un registre assez similaire avec un « Rook » qui ne fait pas dans la dentelle, avec toujours une basse imposante et corrosive, des ponctuations incisives et un breakbeat intermittent qui accompagne la marche incessante d’un rythme ferme et intraitable.

Encore une belle réussite pour Exit Records avec cet EP intense, dansant, puissant et agité, qui confirme la réputation déjà solide d’un producteur débordant de talent et encore trop largement méconnu du grand public.

Tracklist :

1 – Untitled w/ DJ Stingray
2 – Shake w/ Detroit Filthiest aka DJ Nasty
3 – Nonlinear Threat
4 – I pop, I jit
5 – Rook

Vous aimerez surement

Leave a comment

Articles populaires

Chargement des articles...
Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

Back to Top