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V/A – Club Hexagon Vol. 2

Un an plus tard, [re]sources revient avec sa deuxième compilation pour rassembler à nouveau la scène club à la française.

Club Hexagon Vol. 2 ([re]sources)

8.3

10

Par Julien Smith
Publié le 13 novembre 2017 | 11:49

Depuis quelques années, la club française se cherche. Influences américaines et anglaises se mélangent, ainsi que celles du reste du monde (on pense forcément à NAAFI ou Enchufada, entre autres), mais chaque artiste garde une identité forte et il reste à voir se détacher un mouvement d’ensemble. Dans ce contexte, [re]sources nous offre un panorama des tendances et des potentiels, rassemblant ses plus féroces soldats pour une orgie de bass et club music dans les règles de l’art.

Club Hexagon Vol. 2 frappe d’abord par sa diversité. La compilation s’ouvre sur la club d’inspiration reggaeton de Moke, au beat martial accompagné de percussions travaillées et de samples vocaux répétés, suivie d’un « Elevate » où la patte d’Ytem se reconnaît dans ce qu’elle a de plus unique. Dès le début de ce morceau, la tension est à son comble, créée par l’agencement des voix, des bruits de couteaux, notes tenues et tambours battants. Les crashes se succèdent, la mélodie passe d’un instrument à l’autre, varie un peu, la musique s’arrête avant de repartir aussi vite, et chaque détour est une surprise pour l’auditeur. Une track haletante et onirique à la fois, où le travail sur les sonorités rejoint l’innovation de rythmes et de structure pour un rendu expressif et original. Après cette belle entrée en matière viennent les influences britanniques, à travers la bass à 126 bpm de Blâme et James Tarba, puis « Modern Treatment » de Shahin, un morceau jouasse, presque 2-step si ce n’est pour le vocal beaucoup plus club, aux percussions rebondissantes du début à la fin : un vrai banger.

Viennent alors trois morceaux au rythme plus carré. Le métallique « Tanz », où un Draft Dodger à la patte bien reconnaissable assaisonne de grime une club music droit dans ses bottes, puis «Frequencies » de Rare0000, au beat martelé et à la mélodie délirante, répétée sans pitié, et « Babylon », où Dehousy prend à son compte les codes de la bérite club music pour un résultat simple mais efficace. Jaymie Silk enchaîne alors sur l’un des moments forts de la compilation, la très réussie « Nobody », d’inspiration UK Funky et gqom, menée tout du long par une tension persistante, entretenue par des flûtes et un rythme asymétrique malgré le kick 4×4. Les percussions sur-spatialisées donnent le tournis, des cris retentissent, et l’auditeur est entraîné dans un mouvement perpétuel même au plus profond de son canapé. Après un morceau aussi intense, Lazy Flow vient détendre l’atmosphère avec la bien-nommée « Marche du Gingembre », entre UK Funky et trap, puis « Mangrove» présente une club très animée : les percussions propres et franches, comme nous y a habitués Tommy Kid, vont et viennent, se relaient, se taisent et reprennent la parole, si bien qu’on n’a pas un seul instant pour s’ennuyer.

Pour finir, les sonorités UK sont à nouveau à l’honneur, avec « Mash It Up » et « Extatic Anthem ». La première, signée Planet Dust, commence de manière mélancolique, accords plaqués au piano soutenus par des nappes et des notes tenues, mais le drop est une surprise totale : basse saturée, synthétiseur rugueux et presque naïf, tandis que le spectre d’un amen break semble planer dans le fond du son. Le break relance les accords, qui seront là au moment du second drop, à notre plus grande satisfaction. On aimerait presque en entendre plus, avec plus d’intensité, mais le morceau fait place à la track de clôture par Lil Crack, grime à la texture club. Sur une mélodie glaciale s’ajoutent progressivement des éléments, l’atmosphère se tend et finit par déraper dans les aigus, puis la foudre tombe : une basse saturée et des percussions implacables mitraillent l’espace sonore tandis que des satellites de basse passent dans les graves. La mélodie continue tout du long, est reprise par des cuivres lors du break mais la tension reste intacte, et tout repart lors du second drop, encore plus violemment, avant de se calmer progressivement sur la fin. Un point d’orgue bourré d’énergie pour conclure une compilation bien dynamique.

Club Hexagon Vol. 2 est donc un franc succès pour l’écurie [re]sources, et l’on espère que ce label de qualité poursuivra sa mission de représenter la club française dans toute sa diversité : ce faisant, le label s’affirme comme l’un des acteurs majeurs de cette scène dans l’Hexagone.

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