V/A – Emergence

Club Late Music continue son projet GUN avec un EP en quatre titres rassemblant 13 artistes groupés au hasard, et y démontre la pertinence de sa philosophie

CLMxGUN - Emergence

7.9

10

Par Julien Smith
Publié le 18 décembre 2019 | 17:58

Fidèle à sa vision d’origine, Club Late Music poursuit le développement de son projet GUN (Global Url Nation), et rassemble encore une fois des artistes des quatre coins du monde pour la composition d’une oeuvre collaborative, à prix libre. Pour cet EP en quatre titres intitulé « Emergence », les 13 artistes volontaires ont été associés au hasard pour chaque morceau, dans le but de faire émerger de nouvelles musicalités. Et on dirait bien que le pari est réussi, tant les tracks qui en résultent sont inclassables, chaque artiste apportant une part de son esthétique pour la construction d’une oeuvre prismatique.

Le premier morceau est signé ASJ et Victor Metske. Sur une atmosphère martiale, presque peplum, se déroule une rythmique flottante, appuyée par des breakbeats. Un environnement empli de tension, qui n’est pas soulagée par le second drop, plus lent et survolé de grincements en tous genres. Puis vient un titre signé Désiré, Lighght, Lila Tirando A Violeta et Lithe. Ce dernier avait fait sur une précédente compilation GUN un remix très remarqué d’un titre de Deeven, « Bion », qui avait été joué par Aphex Twin à Coachella. Le voici donc en bonne compagnie pour un véritable dancefloor banger d’influence UK Funky, à la rythmique endiablée qui laisse transparaître des sonorités ballroom de-ci de-là. La composition à 8 mains semble avoir porté ses fruits : on peut entendre beaucoup de mouvement dans le fond du son, et même les parties en retrait sont très travaillées.
La track suivante est signée ccontrary, DEEjAY F, GRIG et Heedless. Intitulée « 22lontr », elle surprend par son aplomb : alors que l’introduction et les harmonies qui nous suivent au long du morceau semblent assez proches de l’esthétique « deconstructed club music » de certains des participants, le drop se fait sur des breakbeats découpés à 120 bpm. Ce tempo ralenti par rapport à ce qu’on a l’habtude d’entendre leur confère un poids inhabituel : voilà une utilisation créative du breakbeat au service d’un mélange intéressant. L’EP se termine sur une note euphorique, avec un morceau de 1.5L, Ancestral Vision et Giek_1. Après un début intime en ASMR, l’auditeur débouche sur une forêt de synthétiseurs à l’esthétique très trance, avant de se laisser porter par une rythmique club. Une ambiance à rapprocher du titre biblique de la track, « epicureanism 19:19″, et des éclats de voix sur lesquels elle se termine.

Il est certain que la collaboration entre artistes issus de tous les continents est un excellent moteur de créativité, et cet EP en est la démonstration. On ne peut que saluer Club Late Music pour la création d’une plateforme qui permet la réalisation de ces hybridations. C’est donc avec hâte qu’on attend le résultat de leurs prochaines expériences.

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