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V/A – Exit

Jelly Bean Farm dépasse les espérances dans la deuxième partie de sa compilation inaugurale et se positionne en incontournable de la scène bass

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8.1

10

Par Julien Smith
Publié le 3 avril 2017 | 13:38

Pour fêter sa naissance, Jelly Bean Farm ne fait pas les choses à moitié et rassemble une pléthore d’artistes pour une compilation en deux parties. Enter, sortie le mois dernier, nous offrait une bass méticuleuse très marquée dubstep, mettant en scène de subtils jeux d’ombre et lumière soutenus par des percussions millimétrées. La deuxième partie, Exit, présente à nouveau une grande richesse sonore, mais cela ne l’empêche pas d’être résolument plus dance-floor que sa sœur aînée tout en étant remarquable par ses atmosphères variées et travaillées. La caractéristique principale de cet album est en effet la diversité des atmosphères, des rythmes et des tableaux qu’il propose, reflétée très justement par sa pochette bariolée.

C’est Yilan qui ouvre les hostilités avec « Sangoma », morceau énigmatique où des samples venus d’ailleurs se poursuivent par-dessus un kick régulier. « Locate & Destroy », du prolifique Phrixus, semble continuer sur cette lancée, mais reste plus martial au niveau du rythme. Les percussions presque tribales couplées aux cuivres semblent nous réciter un rituel irrésistible tandis que les nappes aigües, tour à tour en retrait ou au premier plan, nimbent le tout de mystère. « JC Denton » arrive alors en opposition flagrante, en assaisonnant un véritable zoo de sonorités incongrues et futuristes d’un beat fort et percutant. Après un morceau aussi intense, « Dat Dat » arrive à point et calme (un peu) le jeu en révélant une précision rythmique et une maîtrise des entrelacs asymétriques de percussions dignes de Livity Sound, dont l’esthétique se retrouve également dans les sonorités exotiques et les motifs entêtants. Ainsi, l’album débute avec brio, en nous dévoilant une maîtrise irréprochable des rythmes brisés et des textures.

Mais Exit tire aussi sa force de sa deuxième moitié, introduite par « Ordeal (Machine Tendencies) », bien plus pesant et industriel mais plus proche de l’ambient que de la techno. Un morceau à part de cette compilation, dans lequel le moindre élément est au service de l’atmosphère, et qui marque un tournant dans l’album. En effet, le morceau suivant, « Turbine », marque l’entrée dans les eaux dance-floor : après une intro assez tranquille, le rythme commence à s’installer avec un kick asymétrique, bientôt complémenté par sa hi-hat sur les demi-temps. L’aspect techno se confirme et rend le track terriblement dansant malgré les nappes de brume qui lévitent dans les mid-aigus. Avec cette pépite, Henry Greenleaf nous fait vibrer avec un calme olympien en nous rappelant que le groove peut garder toute sa force dans un environnement dépouillé et travaillé : bientôt la micro-bass ?

Il est vrai que cette deuxième moitié d’album fait appel à des influences un peu plus techno pour affirmer son côté dance-floor, notamment dans des morceaux comme « Seventy Three » et « So Tuff », où le beat rappelle les débuts détroitiens. Mais pour conclure de la plus belle des manières, Delo nous rassure avec « Can You », un track purement bass, intime par ses samples vocaux mais dansant par ses percussions, tout en ayant l’intégralité de son kick regroupé autour du premier temps de chaque mesure : une merveille minimaliste.

Ainsi, Exit ne fait pas que confirmer l’impression de maîtrise technique et atmosphérique qui se dégageait de Enter, mais élargit encore le champ des espérances pour ce nouveau label qu’est Jelly Bean Farm, avec une direction dance-floor et minimaliste qui semble très prometteuse. C’est donc avec beaucoup d’impatience que l’on attend ses prochaines sorties, surtout lorsque l’on se rend compte à quel point cette double compilation l’a placé en position centrale sur le paysage bass.

 

Tracklist :

Yilan – Sangoma
Phrixus – Locate & Destroy
Aerotonin – JC Denton
Loss – Dat Dat
Jubley – Zoned
Krotone – Tweak
Foxmind – Ordeal (Machine Tendencies)
Henry Greenleaf – Turbine
Kinsmen – Facile
Korzi – Seventy Three
Mershack – So Tuff
Delo – Can You

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